- 8 sept 2009
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La Diagonale des Fous 2009 : au-delà des limites

Thomas LEGRAIN, dossard n°312 ; Stéphane CASCUA, médecin du sport ; Tania BELLOT, médecin du sport ; Alex GARY, Journaliste reporter d’images
Le Grand Raid de La Réunion… à cette simple évocation, les sourires se dessinent inéluctablement sur les visages de certains… Parce qu’ils savent… Ils savent que cette épreuve sportive est l’une des plus difficiles au monde. Une mission impossible pour les uns, quelque chose d’inconcevable pour d’autres… Ce qui est sûr, c’est qu’il faut une condition physique exceptionnelle pour espérer terminer cette course à pied longue de 150 km… et comportant plus de 9000 mètres de dénivelés. C’est tout simplement une performance comparable au franchissement de l’Everest.
La diagonale des fous comme on la surnomme – son tracé traverse l’île de La Réunion de part en part – se court en une cinquantaine d’heure en moyenne… Même s’il existe des êtres considérés comme des extra terrestres qui la terminent en moins de 24 heures, tous les participants ont un point commun. Le traumatisme. Un traumatisme physique… et bien sûr psychologique…
Le relief, cassant, les conditions climatiques, les rythmes de course, la durée, l’intensité d’une telle épreuve met l’organisme à très rude épreuve. Tout dans cette course est fait pour détruire le corps. Petit à petit, et parfois de façon brutale avec certains accidents.
L’être humain n’est pas conçu pour avaler autant de kilomètres dans des conditions si difficiles… Les nombreuses défaillances musculaires et autres témoignent de la difficulté du parcours.
Et quand ce n’est pas le corps qui flanche, c’est la motivation qui vous abandonne … y compris pour ceux qui ont effectué une préparation spéciale sur les ressources mentales…
Comment les muscles supportent-ils de tels chocs durant plusieurs heures, et quelles en seront les séquelles inéluctables ? Comment le cœur réagit-il et quels sont les véritables risques encourus lorsque l’on veut participer au Grand Raid de La Réunion ? Quelle est la préparation que l’on doit effectuer ? Pourquoi certains sont avantagés par rapport à d’autres ?
Les conditions climatiques sont un élément déterminant. Comment peut on anticiper le froid durant la nuit, les coups de chaleurs la journée ? La déshydratation survient très rapidement. Comment l’être humain réagit-il ?
Le drame peut survenir à tout moment quand on s’attaque à ce genre d’épreuves physiques comme en témoigne les accidents recensés chaque années chez les marathoniens.
Le sang chez les coureurs de l’extrême connaît un bouleversement… La production des globules rouges et blancs devient anormale. L’afflux du sang dans le cerveau est modifié et la perception n’est plus la même…
Des accidents multiples, des simples courbatures aux déchirements musculaires en passant par des choses plus graves surviennent inévitablement sur un ultra marathon tel que la Diagonale des fous.
Tous les ans, des dizaines de coureurs, et pas spécialement des marathoniens de l’extrême décèdent suite à un arrêt cardiaque ou autre.
La force mentale, c’est le poumon des coureurs du Grand Raid. Souvent, celle-ci ne répond plus, et elle ne permet plus à les faire avancer ne serait ce que d’un petit mètre. Les abandons, parfois en pleurs, sont légions lors de la course. Comment le coté psychologique déraille t-il, pourquoi ne sommes nous pas tous égaux dans ce secteur ? Comment la « tête » réagit face à l’effort ? Quels sont les moments de la course où la motivation s’effrite le plus ? Quels sont les ressorts utilisés par les professionnels des marathons extrêmes ?
Courir le Grand Raid demande une préparation et des aptitudes hors du commun. Le corps se transforme en une véritable machine de guerre lorsque le coureur s’élance pour parcourir les 150 km du tracé.










