
En décembre 2005, l’association CroissancePlus, qui regroupent les dirigeants d’environ 200 entreprises patrimoniales, organisait une soirée-débat autour du thème : « Entrepreneurs et monde syndical : quel dialogue possible ? ». L’invité était Bernard Thibault, Secrétaire Général de la CGT.
Loin de se vouloir une confrontation frontale et stérile, le débat a permis aux membres de CroissancePlus de mettre en avant les intérêts particuliers des PME françaises qui souffrent selon eux, dans le dialogue syndical, du monopole médiatique du MEDEF et de ses positions parfois caricaturales. Bernard Thibault n’a d’ailleurs pas manqué d’exploiter ce ressenti vis-à-vis du MEDEF pour attaquer ce dernier et établir un premier point de rencontre entre membres de Croissance Plus et syndicats.
Mais c’est aux membres de Croissance Plus qu’il revient d’avoir posé les bases les plus saines du dialogue en affirmant en guise d’introduction à la discussion que le succès d’une PME passait nécessairement par l’association de l’ensemble des collaborateurs au projet de l’entreprise.
Si les membres de CroissancePlus ont réaffirmé leur volonté de faire évoluer les mentalités des chefs d’entreprises concernant la nécessité du dialogue social, ils ont également posé la question suivante : « Quand verrons-nous des syndicats annoncer clairement que nous sommes dans une économie de marché où l’intérêt commun dépend de la bonne santé financière de l’entreprise ? ». Cette question, pour aussi saugrenue qu’elle puisse paraître pour les acteurs du monde de l’entreprise, n’en était pas moins pertinente lorsque l’on entend certains discours syndicaux …
Les dirigeants d’entreprises se sont ensuite efforcés de démontrer à Bernard Thibault que la stratégie syndicale qui consiste à rendre les licenciements plus difficiles n’était en aucun cas productive, bien au contraire. Les chefs d’entreprises d’aujourd’hui sont confrontés plus que jamais à l’évolution de la demande à laquelle ils doivent faire face avec des ressources humaines quasi-figées. Pour pouvoir s’adapter, ils se sentent contraints d’adopter une attitude de prudence dans leur stratégie de développement. Ils réalisent au final des plans de croissance à 10% plutôt qu’à 50% … ce qui peut paraître regrettable …
Concernant la mondialisation, les membres de CroissancePlus se sont étonnés de l’atonie des syndicats européens (notamment des syndicats français), lors des négociations au sein de l’OMC. Comment se fait-il en effet que les syndicats, ne se soient pas battus pour le respect d’un minimum de droits sociaux des salariés, notamment des salariés chinois ? Selon les chefs d’entreprises, cette absence d’implication des syndicats en matière de négociations sociales a été l’une des causes des dégâts subis par ce qu’il restait de l’industrie textile française. Etrange situation que celle de chefs d’entreprises réclamant auprès de syndicats une protection accrue des droits salariaux des employés, mais qui n’illustre pas moins la flexibilité d’esprit de nombreux entrepreneurs en France !