Les médias y font souvent allusion et pourtant la pratique du lobbying est peu connue du grand public.
Pour la définition, le terme « lobby » désigne en Grande-Bretagne les couloirs du Parlement où les différents représentants (lobbyistes) pouvaient croiser les responsables et exercer leur influence. Le « lobby » est aussi un petit vestibule, un foyer, les hall d’hôtel et la salle des quatre colonnes de l’Assemblée Nationale en sont de parfaits exemples. La traduction française qui en est faite est généralement « groupe de pression » ou « groupe d’intérêt ».
Le lobbyisme est une pratique variée qui peut avoir à défendre des intérêts particuliers ou généraux, discrètement ou avec une politique de communication étendue.

C’est la définition principale que l’on donne à ces groupes de pression.
En premier lieu, on a les représentant des intérêts d’une entreprise ou d’un secteur économique, pour lesquels les lobbyistes vont jouer le rôle d’influenceurs auprès des décideurs politique. Dans ce cas la communication d’influence des lobbyistes va se faire de différentes manières : déjeuners, proposition de texte de loi ou d’amendement, sensibilisation des politiciens sur les besoins économiques de tel secteur ou entreprise, service de conseil et expertise (parfois sur demande de l’élu)… Les lobbyistes peuvent donc être utiles aux hommes et femmes politiques, et ne leur seront de toute façon pas nuisibles puisque le pouvoir de décision reste dans leurs mains.
Il existe aussi les groupe de pression liés à des communautés humaines (on parle souvent par exemple du lobby homosexuel), qui peut se situer à la frontière du lobby d’intérêts particuliers et d’intérêt général.
La mauvaise image qu’ils peuvent avoir dans l’opinion est la conséquence de leur caractère discret voire secret, qui donne la sensation d’un court-circuitage de la démocratie, et des dérives liées au manque de régulation.
Et pourtant les lobbies, accusés ou salués par l’opinion et les médias selon les intérêts qu’ils sont chargés de défendre, n’agissent pas toujours dans l’ombre. Et le lobbying dit d’intérêt général en est un bon exemple. Il est souvent le fait d’Organisations Non-Gouvernementales (ONG).
Ce type de lobbying ne correspond pas à la définition stricte de la pratique que nous venons d’aborder mais entre peu à peu dans le langage courant. La question de l’intégrer ou non à la notion de lobbying peut même parfois faire débat, toutefois il est judicieux de le mentionner dans cet article.
Il permet en effet d’illustrer parfaitement le lobbying à communication étendue, plus rarement utilisé dans le cadre de groupe de pression pour la défense d’intérêts particuliers.
On retrouve ce type de communication d’influence principalement dans le cas de problématiques liées à la santé ou à l’environnement, le lobbying dit citoyen ou ladéfense de catégories de personnes en difficulté qui peuvent difficilement faire valoir leurs intérêts. On a en mémoire les campagnes de communication de GreenPeace notamment, qui s’est spécialisé dans les campagnes d’affichage et les actions très médiatiques.
Le lobbying d’intérêt général a pour but de sensibiliser la population et donc indirectement la classe politique, ce qui implique une très forte communication, au contraire des lobbying d’intérêts particuliers qui eux doivent se consacrer à l’action directe avec les politiques.
Les cadres de l’activité sont encore parfois flous (ce qui est notamment dû à l’évolutivité du secteur et à la complexité de la pratique), et différents selon les lieux (Etats-Unis, Union- Européenne, France…).
Aux Etats-Unis, où on compte pas moins de 77 lobbyistes par parlementaire américain, il existe une législation, le « Lobbying Act » fixant des contraintes de transparence aux actions de lobbying. Celle-ci souffre d’insuffisances, notamment par l’absence de règles concernant le financement des partis. Ce vide juridique entraine encourage la collusion entre les intérêts financiers des entreprises, le lobbying et les partis politiques. L’affaire Abramoff (2006) en est une des manifestations.
Au niveau du Parlement de l’Union Européenne, où l’on compte environ 3000 groupes d’intérêt et 20 000 lobbyistes pour 15 000 fonctionnaires européens (selon cette étude), il n’existe depuis 2008 qu’un registre d’inscription des acteurs du lobbying et les sommes engagées, qui n’est cependant pas obligatoire puisqu’il fonctionne sur le principe du volontariat. Ce registre est accessible au public. Hormis ceci, il n’existe pas de véritable régulation, bien que des propositions soient en cours d’étude.
En France, cette pratique est ignorée des pouvoirs publics, mais s’appuie sur une auto-régulation naissante (ex: Charte déontologique de l’AFCL) et sur le dynamisme du lobbyisme bruxellois. Néanmoins la question est désormais sur la table et le Sénat a adopté en 2009 les premières règles d’encadrement des lobbyistes (comprenant un registre – obligatoire cette fois – et la publication des noms des clients des lobbyistes). Le Réseau Citoyen ETAL juge plus avancée cette régulation apportée par le Sénat que celle de l’Assemblée Nationale.
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