
Avec le Premier ministre sortant, Junichiro Koizumi, les Japonais viennent de mettre en place une importante réforme fiscale qui s’inspire de celle accomplie aux Etats-Unis il y a près de 50 ans et qui a fondé la prospérité américaine.
Cette réforme vise à multiplier les Business Angels dont les Japonais comme les Américains ont compris qu’ils sont seuls capables de financer efficacement le démarrage et le développement des gazelles, les entreprises à forte croissance et la pépinière de nos champions industriels de demain. Il s’agit d’inciter ceux qui ont de l’argent à l’investir dans la création d’entreprises et pas, comme en France, dans des collections d’œuvres d’art.
Comme aux USA, cette réforme commence à porter ses fruits et le chômage japonais n’a plus été aussi bas depuis longtemps.
C’est une réforme de même ampleur qui, dès son intronisation en juillet 2002 comme ministre des PME, a été proposée à Renaud Dutreil
Que fait-il depuis ? Il a mis 3 ans à découvrir les gazelles. Et maintenant il « labellise » …
Cela va-t-il en créer une de plus ? Certainement pas car le ministre se borne à voler au secours de la victoire et à médailler les entreprises qui, sans lui, ont déjà réussi à devenir gazelles.
Cela contribuera-t-il au développement de nos gazelles qui restent naines ? Certainement pas car ce nanisme a au moins une cause majeure : l’absence en France de Business Angels et des financements qu’ils sont les seuls à pouvoir apporter efficacement.
Pour être à parité avec les Anglais, il faudrait que nos Business Angels investissent chaque année 2 à 5 milliards d’euros. Nous en sommes à quelques centaines de millions. Alors Dutreil labellise aussi les réseaux de Business Angels … en leur distribuant quelques centaines de milliers d’euros !
Le ministre pense-t-il que les Français seront dupes ? Pisser sur les réverbères pour marquer son territoire n’a jamais fait pousser un seul réverbère.
Mais, à sa décharge, le ministre peut-il faire autre chose jusqu’à la fin de cette législature ?
Certes, oui. Dutreil vient de monter dans le train Sarkozy et il lui reste une occasion de montrer qu’il est capable de vraies mesures et pas seulement d’effets d’annonce. Il doit publier prochainement ce qu’il va faire de 2 milliards d’euros d’emprunts que l’Etat doit garantir Si ces fonds vont vers des structures privées, type SBIC à la française, une multitude de petites sociétés privées assurant le financement de démarrage des gazelles, on peut espérer.
Si au contraire, il s’agit de caser son fidèle ex-directeur de cabinet, issu du sérail de Bercy, en créant un nouveau « machin » public, et d’aider éventuellement une campagne rémoise, alors nous serons fixés. Réponse à mi-octobre.
En attendant la grande réforme fiscale dont nous ne pourrons nous passer, aidons au développement des réseaux de Business Angels. Par leur exemple, ils aident au moins à faire prendre conscience dans ce pays de leur rôle capital et à préparer le terrain pour une vraie réforme permettant d’en multiplier le nombre, cinquante ans après celle accomplie par les Américains en 1958.
Bernard Zimmern
Président de l’iFRAP
www.ifrap.org