Edito

Ce blog est un carnet de notes et de réflexions sur la France, ses atouts, ses difficultés et ses enjeux. Je l'ai créé pour générer des discussions autour des thèmes qui me sont chers ou qui me semblent importants. Je nourris ainsi à mon échelle le dialogue politique en ligne.

Je relaie souvent ce que disent les autres, notamment des personnalités issues de la société civile, afin d'établir un lien permanent avec les hommes et les femmes politiques.

J'espère que vous trouverez en parcourant mon blog un certain nombre d'idées et de propositions concrètes et innovantes. Je vous invite vivement à participer au débat en laissant des commentaires.

Thomas Legrain

Comment former davantage d’entrepreneurs en France ? (9)

Proposition n°4 : mettre en place au sein des Chambres consulaires un dispositif de sensibilisation et de formation visant à accompagner de manière spécifique les étudiants et les jeunes diplômés intéressés par l’entrepreneuriat :

Parmi leurs activités, les Chambres consulaires ont un rôle primordial dans le développement des entreprises et des territoires, notamment à travers une mission d’accompagnement à la création et la reprise d’entreprises.

Les objectifs poursuivis par ce dispositif d’accompagnement sont les suivants :
- sensibiliser à la création et à la reprise d’entreprises ;
- accompagner le futur entrepreneur jusqu’à la création ou la reprise d’une entreprise,
- faciliter l’accès au conseil, à l’expertise et au financement ;
- contribuer à donner les meilleures chances de pérennité à la nouvelle entreprise afin qu’elle puisse être créatrice d’emplois et de richesses.

Les Chambres de Commerce et d’Industrie proposent notamment une palette de formations :
- des formations courtes de 1 à 5 jours. Elles ont été conçues pour acquérir les bases fondamentales de la création et de la reprise d’entreprises ;
- des formations longues de 6 à 20 jours qui permettent aux créateurs ou repreneurs d’acquérir ou de perfectionner leurs connaissances sur les étapes de la création ou de la reprise ainsi que les fondamentaux du métier de dirigeant. Une mise en application est généralement prévue afin de passer d’une logique de connaissance à une logique de compétences ;
- des formations longues supérieures à 20 jours. Il s’agit généralement de formations proposant un suivi individualisé dans la validation du projet de création ou dans la mise en œuvre du projet de reprise.

En s’inspirant des formations qu’elles dispensent déjà avec succès, les Chambres consulaires ont la capacité de mettre en place, en liaison avec les Maisons de l’Entrepreneuriat, un dispositif de sensibilisation et de formation allégé visant à accompagner de manière spécifique les étudiants et les jeunes diplômés intéressés par l’entrepreneuriat. Elles devront prendre soin de bien distinguer deux profils :
- celui des jeunes peu ou pas diplômés qui n’ont généralement pas besoin qu’on les encourage pour entreprendre, mais qui sont à la recherche d’un accompagnement dans leur parcours et dans leurs démarches ;
- celui des étudiants diplômés de l’enseignement supérieur, à qui il convient de donner le goût d’entreprendre et, préalablement, qu’il faut rassurer face à la probabilité de l’échec, reflet de leur angoisse en termes de projection de carrière.

Au delà des formations à proprement parlé, dans les deux cas, les jeunes auraient besoin d’être coachés ou parrainés par des dirigeants de PME qui ont acquis une expérience en matière d’entrepreneuriat et qui ont envie de la faire partager. Les chambres consulaires sont les acteurs les mieux placés pour organiser cette mise en relation entre les étudiants et les jeunes diplômés d’une part et les dirigeants de PME d’autre part.

Les chambres consulaires sont en contact avec les entrepreneurs au niveau territorial et ces derniers constituent une ressource très utile d’un point de vue pédagogique pour développer l’esprit d’entreprendre (coach de Mini-Entreprises, conférenciers, animateurs d’études de cas, pourvoyeurs de stage, …). Dès lors, les chambres pourraient se fixer comme objectif de mobiliser les entrepreneurs présents sur leur territoire afin de les faire participer aux différentes initiatives liées au développement de l’esprit d’entreprendre. Cette mobilisation coordonnée aurait le mérite de présenter aux entrepreneurs disponibles et motivés pour s’investir dans ce rôle éducatif, une vision globale et cohérente de l’ensemble des actions auxquels ils sont susceptibles de participer. Ceci éviterait une dispersion d’énergie et un manque de visibilité au niveau de toutes les initiatives pour lesquelles les entrepreneurs sont régulièrement sollicités. On peut légitimement penser que leur participation serait sensiblement plus forte et plus régulière.

Remarque : a minima, les chambres consulaires pourraient une fois par an aller à la rencontre des collégiens et des lycéens afin de leur expliquer leurs missions et les services qu’elles proposent.

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Thomas Legrain, Président de TL Conseil

Date : 26 août 2007 | Catégorie(s) : Enseignement, Entrepreneuriat
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Etablissement des fiches de paie : bien respecter les conventions collectives

Agnès Bricard

Il existe en France environ 500 conventions collectives qui ont vocation à s’appliquer dans les entreprises.

Les experts-comptables se doivent de les connaître et de les faire appliquer dans la mesure où ils ont un rôle essentiel dans l’établissement sécurisé des fiches de paie. Pour ce faire, il m’a semble nécessaire en tant que Présidente d’honneur du Conseil de l’Ordre des Experts-Comptables de Paris Ile-de-France de proposer une grille qui permet d’évaluer la bonne application de ce qui pourrait être les 10 clauses essentielles figurant dans les conventions collectives. Ce travail de normalisation apparaît d’autant plus important pour accompagner les dirigeants d’entreprises que les contentieux aux prudhommes sont nombreux et relèvent généralement de la non application ou de la mauvaise application des clauses des conventions collectives.

Accéder à la grille

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Agnès Bricard, Présidente d'honneur du Conseil de l'Ordre des Experts-Comptables de Paris Ile-de-France

Date : 17 août 2007 | Catégorie(s) : Economie
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Comment former davantage d’entrepreneurs en France ? (8)

Proposition n°3 : confier à des associations régionales la mission d’offrir des services et de coordonner les actions qu’ont mises en place ou que souhaitent mettre en place les établissements d’enseignement secondaire et supérieur dans le domaine de l’entrepreneuriat :

En concertation avec le Conseil National de l’Entrepreneuriat, chaque région désignerait une association dans le cadre d’un appel d’offre renouvelable tous les trois ans. Afin de ne pas multiplier les structures, le rôle des maisons de l’entrepreneuriat, là où elles existent, pourrait éventuellement être élargi dans ce sens.

Les associations joueraient un rôle majeur dans la diffusion des connaissances sur les pratiques, les expériences, les méthodes et les stratégies liées à l’enseignement de l’entrepreneuriat, son développement ou sa diffusion. Elles auraient un rôle de veille et de mutualisation des bonnes pratiques mises en place par les établissements d’enseignement. Elles pourraient aussi être des forces de proposition et contribuer ainsi à l’aménagement et à l’amélioration de la performance de l’ensemble des dispositifs et cadres d’action. Elles coordonneraient l’expérimentation de nouvelles actions avec les structures volontaires de leur région avant de proposer, en cas de résultats positifs, le déploiement régional. Elles déploieraient les forces nécessaires afin de sensibiliser et de convaincre les acteurs concernés par la formation à l’entrepreneuriat : les rectorats, les associations de parents d’élèves, les syndicats d’étudiants, les universités.

Les associations seraient ouvertes à tous les étudiants et jeunes diplômés de l’enseignement secondaire et supérieur présents dans la région. Elles joueraient un rôle de catalyseur dans la diffusion des informations pratiques et pédagogiques qui concernent l’entrepreneuriat. Elles permettraient de fait la mise en place de partenariats entre les établissements d’enseignement situés dans la région.

Les avantages à attendre du rôle que pourraient jouer ces associations sont nombreux. Tous les établissements d’une même région auraient un égal accès, dans de bonnes conditions pédagogiques et économiques, à des formations et à des ressources spécifiques dédiées à l’entrepreneuriat.

En l’absence de coopérations, on constate aujourd’hui qu’une partie des établissements et des publics intéressés par cette thématique n’ont pas réussi à mettre en place des actions de sensibilisation et de formation à l’entrepreneuriat.

Cette mutualisation des ressources est d’autant plus justifiée que l’entrepreneuriat est un domaine d’enseignement et de recherche encore en émergence. Les ressources humaines (enseignants, chercheurs, formateurs) sont rares et dans le contexte actuel, il est de la première importance d’essayer de mieux les utiliser. Il en va de même des ressources pédagogiques (études de cas, manuels, logiciels informatiques, …), qui gagneraient à être répertoriées, qualifiées et diffusées plus largement. Un des rôles des associations consisterait à organiser les transferts de savoir-faire et de ressources entre les différents établissements.

Elles favoriseraient également indirectement l’interdisciplinarité. En effet, le fait même de donner la possibilité à des étudiants venant d’horizons et de disciplines différents de se rencontrer autour du thème de la création d’activité et de l’esprit d’entreprendre, est de nature à susciter des rencontres fécondes et des échanges nourris entre des jeunes ayant une culture et des approches qui peuvent être différentes.

Les associations devraient être ouvertes au monde de l’entreprise et avoir noué des liens avec les principaux acteurs économiques et sociaux de la région (il s’agira d’un des critères importants de l’appel d’offre). Ces relations leur permettraient de disposer des informations les plus récentes dans les domaines de l’innovation, de la recherche, de la propriété intellectuelle ou encore du financement. Une partie de leur budget pourrait d’ailleurs provenir de fonds privés, notamment d’entreprises locales.

Elles établiraient des passerelles qui faciliteraient l’accès des étudiants et des enseignants à des réseaux professionnels (entrepreneurs, fonds d’investissement, banques, experts-comptables, …). Elles impliqueraient les acteurs des milieux socio-économiques dans des actions de sensibilisation et d’enseignement. A travers ce type d’actions, ces derniers pourraient ainsi faire bénéficier les étudiants de leur expérience et de leurs conseils.

Les associations seraient en charge d’un travail d’information et de formation des unités pédagogique et de recherche. Ce travail semble en effet la plupart du temps indispensable pour sensibiliser les corps d’enseignants et de chercheurs, pour identifier des relais et des correspondants dans ces unités et pour obtenir une adhésion à la démarche.

Cet enjeu est crucial, étant entendu que si les enseignants et les responsables universitaires ne se sentent pas concernés par ces actions de sensibilisation de leurs étudiants à l’entrepreneuriat, tout laisse à penser que cela atténuera considérablement l’impact quantitatif et qualitatif des actions mises en place par les associations. Il y a là probablement une des clés de la réussite de la mission des associations.

Les associations retenues suite à l’appel d’offre bénéficieraient de subventions en provenance de l’Etat et de la région, en fonction des actions qu’elles mettraient concrètement en place sur le terrain.

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Thomas Legrain, Président de TL Conseil

Date : 17 août 2007 | Catégorie(s) : Enseignement, Entrepreneuriat
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