Edito

Ce blog est un carnet de notes et de réflexions sur la France, ses atouts, ses difficultés et ses enjeux. Je l'ai créé pour générer des discussions autour des thèmes qui me sont chers ou qui me semblent importants. Je nourris ainsi à mon échelle le dialogue politique en ligne.

Je relaie souvent ce que disent les autres, notamment des personnalités issues de la société civile, afin d'établir un lien permanent avec les hommes et les femmes politiques.

J'espère que vous trouverez en parcourant mon blog un certain nombre d'idées et de propositions concrètes et innovantes. Je vous invite vivement à participer au débat en laissant des commentaires.

Thomas Legrain

Comment former davantage d’entrepreneurs en France ? (15)

Proposition n°9 : mettre en place un projet entreprise ou associatif en classe de 4ème :

Ce projet entreprise ou associatif prendrait la forme d’un cours intégré à la pédagogie. Pendant toute l’année scolaire, les élèves, par groupes de l’ordre de cinq personnes, encadrés par un tuteur (cadre d’entreprise, dirigeant de PME, …), réaliseraient une mission d’étude confiée par une entreprise ou une association sur un sujet défini par celle-ci et validé par l’enseignant et le tuteur. Le projet entreprise ou association déboucherait en fin d’année sur un rapport de synthèse et une soutenance publique devant la classe, les parents d’élèves, …

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Thomas Legrain, Président de TL Conseil

Date : 10 novembre 2007 | Catégorie(s) : Enseignement, Entrepreneuriat
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A quoi sert un consultant ?

Jacques Gautrand

En français, consultant est un mot ambivalent.
Dans le langage courant, il peut parfois désigner celui qui se rend en consultation, auprès d’un médecin ou à l’hôpital. Il est synonyme de patient : il consulte parce qu’il a mal quelque part…
Il peut être tentant d’en tirer un parallèle avec l’entreprise. Si une entreprise fait appel à un consultant c’est qu’elle a mal quelque part !

Cette allégation n’est pas totalement fantaisiste ; certains consultants en management en font leur ouvre-boîte: pour vendre leurs services ils cherchent le défaut dans la cuirasse !

Mais réduire l’intervention d’un consultant à celle d’un urgentiste, serait enfermer cette profession dans un rôle purement curatif (voire chirurgical !). Alors qu’elle a vocation à jouer un rôle beaucoup plus riche, à toutes les étapes de la vie d’une entreprise, certes dans des moments critiques, mais aussi et surtout dans les phases heureuses : anticipation, conception, innovation, croissance, investissement, diversification…

Et pourtant, beaucoup de dirigeants de PME hésitent encore à faire appel à des consultants.
Ce n’est guère dans leurs habitudes, hormis le recours lorsqu’il s’avère nécessaire -parfois obligatoire - aux professionnels du chiffre et du droit.

Faire appel à des consultants qualifiés devrait devenir un acte banal de gestion.

Mais notre dirigeant de PME, avec tout le bon sens qui le caractérise, part du principe que « les conseilleurs ne sont pas les payeurs ». Ou se conforte en se raccrochant aux vers de La Fontaine : « La Cour en conseillers foisonne. Est-il besoin d’exécuter ? L’on ne rencontre plus personne. »

Il est vrai que certains consultants en management, par leur attitude péremptoire, leur galimatias anglo-américain mal digéré, leur power-points énigmatiques et leurs concepts emberlificotés entretiennent ce réflexe de méfiance à l’égard de la gent consultante.
La succession de modes managériales plus ou moins heureuses, la faillibilité de modèles d’organisation inspirés de multinationales ou de grandes institutions, et donc impossibles à transposer dans des petites structures, sont aussi de nature à jeter le doute sur l’efficacité réelle du consulting.

Alors, pourquoi faire appel un consultant ?

Pour lui confier ce que vous-même, dirigeant, ou vos collaborateurs, n’avez pas le temps de mener à bien ?
Le consultant n’est pas un sous-traitant. Même s’il peut, temporairement, suppléer la carence des ressources internes à l’entreprise.

La principale valeur ajoutée d’un consultant c’est d’apporter un regard extérieur que les collaborateurs ne peuvent pas apporter…pour la simple raison qu’ils sont dedans !

A la différence d’un salarié, ou d’un intérimaire, le consultant n’est pas dans un lien de subordination avec l’entreprise à laquelle il collabore. Il est un prestataire de services autonome. Il ne s’adresse pas à son patron, mais à son client.
Ceci lui confère une liberté de jugement et de parole à laquelle le plus proche collaborateur du dirigeant ne peut pas toujours prétendre.
D’autant que nombre de dirigeants ont tendance à s’entourer de clones ou de béni-oui-oui…

Ni donneur de leçons, ni cireur de pompes, le consultant se tient dans une distance d’écoute et de respect à l’égard de son client. Il sait que son premier atout c’est sa différence (sinon, pourquoi aller chercher ailleurs, ce que l’on a déjà chez soi !). Différence mais pas indifférence. Sans rien renier de sa personnalité ni de son identité, le consultant doit être capable de « se mettre dans la peau de son client ». Il doit être en mesure de comprendre, avant même le secteur d’activité ou le métier de son client, son « vécu entrepreneurial ». Seule l’expérience du terrain donne cette faculté. On ne l’apprend pas dans une grande école.

Mais cette empathie avec la culture de son client ne doit pas altérer l’esprit critique du consultant : c’est-à-dire sa capacité à dire oui ou non, à conseiller comme à déconseiller, son aptitude à être force de contestation et de proposition.

Le consultant n’est pas un coach.

Aujourd’hui la mode est au coaching. Mais, à la différence du coach qui a le projet d’influencer le psychique et la subjectivité de son client (au risque de se prendre parfois pour un gourou), le consultant se tient lui dans une démarche plus « objective ». Il apporte une vision extérieure à celle de l’entrepreneur. Tandis que le coach aura tendance à rechercher la plus grande proximité, le consultant doit conserver une certaine distance, une « distanciation », une prise de recul par rapport à l’objet de sa mission, lui permettant de garder son libre arbitre, sa faculté de jugement critique.

Si le consultant est généralement recherché pour son expertise pointue ou rare, la pertinence de son intervention reposera surtout sur la densité de son expérience humaine et sur ses qualités de savoir-être. Son diagnostic et ses préconisations porteront le sceau de cette épaisseur humaine.

Car, avant même d’avoir besoin qu’on résolve ses problèmes, le client a besoin d’être considéré et rassuré.

Quel est, en effet, le point commun entre tous les dirigeants ? C’est la solitude dans la décision.
Le dirigeant, a fortiori chef d’entreprise petite ou moyenne, se retrouve seul à l’heure des choix. Il est précieux pour lui de pouvoir partager ses interrogations –et même ses doutes – avec une personne qui n’est pas partie prenante de l’entreprise.

Rendre la prise de décision moins aléatoire et faire que le dirigeant se sente moins seul au moment de trancher, n’est-ce pas la vraie raison d’être d’un consultant ?

P.S. Il existe en France 2,4 millions d’entreprises de moins de 10 salariés. 150 000 entre 10 et 49 salariés. A peine 28 000 au-delà…
Les pouvoirs publics déplorent que nos entreprises ne grandissent pas davantage.
Mais beaucoup de PME hésitent à recruter des collaborateurs en CDI de crainte de ne pas dégager suffisamment de recettes pour pouvoir les rémunérer durablement, sur le long terme. Du coup, elles renoncent à lancer certains projets de développement, faute des compétences appropriées en interne. C’est un cercle vicieux…
Réveiller les projets dormants dans les PME, les identifier, les tester, en valider la pertinence, telles sont précisément des missions que pourraient mener à bien des consultants indépendants. C’est un gisement de croissance future non négligeable. Et qui ne demande qu’un coup de pouce. En s’inspirant du Crédit d’Impôt Recherche réservé à l’innovation, le gouvernement pourrait, de manière simple et sans trop de paperasse, exonérer fiscalement une partie de « l’investissement conseil » destiné à réveiller les projets dormants (qui ne sont pas forcément technologiques). Voici une suggestion pour M. Novelli.

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Jacques Gautrand, Consultant, créateur et animateur de www.consulendo.com

Date : 4 novembre 2007 | Catégorie(s) : Réflexions diverses
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JoCIF - Job Creator’s International Forum

Thomas Legrain, Président de TL Conseil

Date : 30 octobre 2007 | Catégorie(s) : Entrepreneuriat
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Depuis plus de 30 ans, les Organismes de Gestion Agréés (OGA) 1 jouent un rôle majeur dans l’accompagnement des TPE 2 et pourtant on les connaît encore très mal …

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Dès que les médias traitent des sujets liés à l’entrepreneuriat et qu’ils évoquent les réseaux d’accompagnement, les organismes de gestion agréés sont régulièrement oubliés, à croire qu’ils sont totalement méconnus … pourtant, ce sont des acteurs qui jouent un rôle essentiel et unique au service de l’accompagnement des TPE !

Les OGA sont des structures associatives (loi de 1901) agréées par l’Administration fiscale. Ils ont été créés il y a 30 ans pour aider les TPE à améliorer leur gestion et ils regroupent plus de 1,5 millions d’entrepreneurs. Aujourd’hui, on compte 610 organismes de gestion agréés en France qui accompagnent 90% des exploitants agricoles, 75% des professionnels libéraux et 50% des commerçants et artisans.

Les OGA fournissent à leurs adhérents de très nombreux services (chiffres clés, informations fiscales et sociales, formations, diagnostics, alertes, …) à un coût extrêmement modique, inférieur à 20 euros par mois !

Une aide à la gestion qui contribue à améliorer la compétitivité des TPE françaises :

Les dirigeants de TPE qui adhèrent aux organismes de gestion agréés bénéficient d’informations et de formations qui ciblent leurs préoccupations quotidiennes. Ils acquièrent tous des connaissances opérationnelles dans le domaine de la gestion qui leur sont très utiles pour développer de manière pérenne leur entreprise.
Bien souvent, les dirigeants de TPE manquent cruellement d’informations, compte tenu de l’environnement dans lequel ils se trouvent, qui les conduit à un certain isolement. Or l’importance de l’information dans la gestion de la très petite entreprise est de plus en plus reconnue et acceptée comme un ingrédient essentiel à sa survie et à sa croissance. Seules les TPE qui ont un accès fiable et régulier à une information concernant les nouveautés fiscales, sociales, économiques ou encore juridiques sont à même de devenir concurrentielle dans un environnement en constante mutation.
Les organismes de gestion agréés permettent d’amplifier et de faciliter l’accès à la formation tout au long de la vie professionnelle des dirigeants de TPE. Les formations sur mesure dispensées par les OGA prennent en compte les attentes nouvelles des adhérents et assurent le développement des compétences nécessaires à la compétitivité économique de leur entreprise.

Les OGA transmettent également à leur adhérents de nombreux éléments sur l’état de santé de leur entreprise : un dossier de gestion annuel analysant la situation financière de l’entreprise et l’évolution de ses résultats, des statistiques professionnelles et des informations économiques pour leur permettre de se situer par rapport à la concurrence, ou encore le signalement d’éventuels signes de difficultés pour anticiper, redresser la barre et développer leur activité.

Une assistance en matière fiscale qui permet aux entrepreneurs d’éviter un grand nombre d’erreurs et d’omissions :

Les OGA réalisent des contrôles de cohérence et de vraisemblance des déclarations de revenus professionnels de leurs adhérents. Ils contribuent ainsi efficacement à la qualité des déclarations transmises aux centres des impôts et à la sincérité des revenus déclarés.
Les résultats des contrôles fiscaux montrent très clairement que les erreurs et les omissions sont moins nombreuses et de plus faible ampleur financière sur les déclarations des TPE adhérentes par rapport aux déclarations des professionnels non-adhérents.

Les TPE sont des agents économiques indispensables, créateurs d’emplois, qui doivent faire face à des problématiques très spécifiques. Il est indispensable qu’elles puissent être accompagnées par tous les acteurs qui les connaissent bien depuis de nombreuses années et qui se sont spécialisés dans l’accompagnement de ce type d’entreprises.

Reste à ce que les organismes de gestion agréés soient mieux connus, afin que tous ceux qui souhaitent créer une TPE aient le réflexe de se faire accompagner par un OGA !

(1) Les Organismes de Gestion Agréés (OGA) regroupent les Centres de Gestion Agréés (CGA) qui s’adressent aux commerçants et artisans ainsi qu’aux exploitants agricoles et les Associations de Gestion Agréées (AGA) qui s’adressent aux professionnels libéraux.
(2) On regroupe sous le vocable TPE les commerçants et artisans, les exploitants agricoles ainsi que les professionnels libéraux.

Contact :
Sylvie Barou, Responsable Communication du Centre de Gestion et de l’Association Agréés de la Région Parisienne.
Tél. : 01 53 33 34 50
Fax : 01 53 33 34 99
E-mail : barou.sylvie@cgapicpus.com

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Jacques Diemer, Président du Centre de Gestion et de l'Association Agréés de la Région Parisienne

Date : 29 octobre 2007 | Catégorie(s) : Entrepreneuriat
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Comment former davantage d’entrepreneurs en France ? (14)

Thomas Legrain, Président de TL Conseil

Proposition n°8 : étendre les actions de sensibilisation à l’entrepreneuriat à tous les collégiens :

Les actions de sensibilisation à l’entrepreneuriat concourent aussi bien à faire évoluer les élèves sur des registres culturel et comportemental qu’à leur transmettre des connaissances et des savoirs utiles pour l’action.

Les actions de sensibilisation doivent avant tout permettre aux élèves de mieux connaître le monde économique, l’entreprise et les métiers. Elles doivent leur permettre de réaliser par eux-mêmes qu’ils ont les capacités de créer, d’innover, de travailler en équipe, de conduire des projets et de prendre des décisions.

Ces actions doivent donc permettre de développer des qualités chez les élèves telles que la créativité, l’autonomie, la capacité à conduire un projet, la ténacité, l’engagement personnel et le sens des responsabilités.

Une opportunité d’introduire le thème de l’entrepreneuriat dans les collèges est offerte par le développement des Options de Découverte Professionnelle (DP 3 ou 6) en classe de 3ème. Les élèves ont 90 heures d’enseignement pour découvrir le monde de l’entreprise. Un module de 30 heures pourrait être consacré aux thèmes liés à l’entrepreneuriat, étant entendu que les élèves devront préalablement bénéficier d’une information sur le monde professionnel, les métiers et le fonctionnement de l’entreprise.

Les actions de sensibilisation pourraient également être intégrées dans les cours d’éducation civique.

L’initiation à l’entrepreneuriat devrait au minimum faire l’objet d’un chapitre dans les manuels scolaires. Le contenu d’un tel chapitre devra :
- donner une image positive de l’entrepreneur et de l’entreprise (création d’emplois, création de richesses qui bénéficient à l’ensemble de la collectivité, création de justice sociale, …) ;
- insister sur l’importance pour un jeune de développer les attitudes et les aptitudes qui caractérisent un entrepreneur, même pour ceux qui ne seront pas amenés à créer ou à reprendre une entreprise ;
- présenter la diversité des formes d’entrepreneuriat : création d’entreprises, reprise d’entreprises, ;
- mettre en évidence la diversité des entrepreneurs : entrepreneurs de l’économie sociale et solidaire, entrepreneurs issus des quartiers, …

Pour ce faire, il est indispensable que les instructions ministérielles soient claires et sans ambiguïté d’une part et que les inspecteurs académiques jouent un rôle moteur d’autre part.

Pour faciliter la promotion de ces actions de sensibilisation, le recrutement d’agents de sensibilisation, à l’image des expériences québécoises et belges, devrait être envisagé. Ces agents constituent des relais de proximité très efficaces pour nouer des contacts avec les directions des établissements scolaires et les enseignants en vue de présenter toutes les possibilités offertes en matière de développement de l’esprit d’entreprendre et de contacts avec le monde de l’entreprise.

Initiative concrète mise en place en juin 2007 par deux étudiants de l’enseignement supérieur pour développer la sensibilisation à l’entrepreneuriat dans les collèges :
Réalisation d’une bande dessinée ludoéducative « Lucy et Valentin créent leur entreprise », qui permet d’amener les élèves en classe de 4ème et 3ème à développer leur esprit d’entreprise. Distribuée en classe, cette bande dessinée permet soit une activité de groupe encadrée par un professeur, soit une sensibilisation individuelle des élèves. Chacune des étapes de l’histoire permet d’aborder un aspect de la création d’entreprise tout en apportant du contenu pédagogique. Ainsi à chaque page de bande dessinée correspond une page d’approfondissement, permettant à l’élève d’en savoir plus : témoignages de personnes clés du monde de la création d’entreprise, statistiques, présentations d’entreprises, explications de vocabulaire, …

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Thomas Legrain, Président de TL Conseil

Date : 28 octobre 2007 | Catégorie(s) : Enseignement, Entrepreneuriat, Innovation, Réflexions diverses
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