Le 31 décembre 2006 à 8:29 / Economie

Pour un capitalisme à visage humain

Jérôme Blanc, historien

Alors que le modèle anglo-saxon a provoqué des ravages dans les entreprises françaises comme à l’UIC, Alsthom, au Crédit Lyonnais, Gan, MMA, AGF, BERD, CCF, Crédit foncier, UAP, SDBO, IBI, IBSA, EDF, GDF, chez France Télécom, CFD, Moulinex, Elf Gabon, Bull, Thomson etc., il existe un autre modèle européen de management et de stratégie gagnant : le modèle mulhousien, appelé aussi rhénan.

Ce modèle privilégie un à visage humain : une direction collégiale qui partage plus les responsabilités, replace le collaborateur au cœur de l’entreprise en n’en faisant pas un exécutant passif car il s’appuie plus sur ses compétences, sur son esprit d’initiative et de proposition et son sens des responsabilités, s’efforce de rassembler afin de favoriser un esprit d’équipe. Donc, un modèle de cogestion où responsables, encadrement, actionnaires sont associés à tous les niveaux de l’entreprise, où la cohésion mentale et organique et une division plus poussée des tâches entre les collaborateurs, assurent une collaboration technique et une gestion très efficace.

En outre, ce modèle généralise la gestion prévisionnelle des ressources humaines et donc les plans de carrière, encourage la promotion interne en donnant plus d’importance à l’expérience et les compétences acquises sur le terrain qu’aux diplômes, s’opposant ainsi au modèle anglo-saxon où les MBA sont une assurance-vie, la mobilité est un critère de dynamisme individuel et d’excellence. Les cadres de ces entreprises atteignent seulement les plus hauts postes qu’après avoir gravi tous les échelons de l’entreprise, afin qu’ils connaissent le métier de l’entreprise et définissent des objectifs réalisables. Ce modèle valorise le savoir-faire par rapport au faire savoir et savoir être du modèle anglo-saxon.

En plus d’un management différent, ce modèle applique une autre stratégie basée sur une vision à long terme assurant un développement durable : l’entreprise travaille pour les générations suivantes et pas uniquement pour la satisfaction immédiate de quelques-uns. La croissance d’une entreprise est opérée par croissance interne, c’est à dire en développant le métier, et moins par rachat d’entreprises. Une grande partie des bénéfices est également réinvestie dans le fonds de roulement de la société, pour la modernisation des outils de production et de gestion et la recherche et développement, dans la formation des collaborateurs et moins pour redistribuer des dividendes aux actionnaires.

Il se caractérise aussi par : une limitation des bénéfices distribués, par l’absence de très hauts salaires, mais par des rémunérations fondées sur la compétence et l’expérience. Pas de stock-options et de parachutes dorés, pas de rachat des actions par les gros porteurs de stock-option pour garder les fonds propres de l’entreprise et donc favoriser l’autofinancement. Une généralisation des nouvelles technologies pour augmenter la productivité et faire des économies d’échelle, un développement des ventes à l’exportation avec augmentation de la production. Enfin, il se distingue également par une meilleure protection des marques, modèles et brevets, afin de lutter contre le “copillage” des concurrents et par le développement des normes de qualité et des labels pour inciter à la consommation de produits nationaux et lutter contre la délocalisation, par la fabrication d’articles de grande qualité et à haute valeur ajoutée, une meilleure rationalisation et intégration des procédés de fabrication et de gestion.

Adoptez le modèle mulhousien et vos entreprises seront prospères et pérennes, vous serez respecté voire apprécié par vos collaborateurs, deviendrez des représentants reconnus de la société civile et vous réconcilierez tous les Français avec le et les dérives du modèle étatico-industriel jacobin.

Jérôme Blanc, historien
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1 commentaire :

  1. Blanc

    Bonjour,

    Pour toute mise en relation avec l’auteur, vous trouverez toutes mes coordonnées sur ma page.

    Cordialement

    J. Blanc
    Historien spécialiste en histoire économique et sociale : management et stratégie d’entreprise, 3e cycle EHESS et consultant en gestion.
    Auteur de : Le modèle mulhousien, bulletin de la Société belfortaine d’émulation, 2003, de Frédéric Engel-Dollfus, un industriel saint-simonien, éditions Christian, 2004.

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