Il est temps de juger l’ISF en fonction de son efficacité économique et sociale !

L’ISF coûte au moins deux fois plus cher à l’Etat qu’il ne lui rapporte dès lors qu’il constitue une source importante de sorties de capitaux.

Un taux progressif est appliqué sur la valeur du patrimoine selon un barème qui va :

  • de 0,55% pour les foyers fiscaux qui disposent d’un patrimoine net de plus de 760.000 euros,
  • à 1,8% du patrimoine, au-delà de 15,2 millions d’euros de patrimoine.

Différents abattements doivent être pris en compte pour estimer la valeur du patrimoine :

  • une décote de 20% de la valeur de la résidence principale
  • une exonération sous certaines conditions des parts détenues dans une entreprise lorsque le redevable en est l’un des dirigeants,
  • une exonération pour les œuvres d’art.

Il est à noter que les 2% de contribuables qui possèdent un patrimoine supérieur à 6 millions d’euros contribuent pour environ 35% au produit de l’ISF. Le produit de l’ISF est donc très lié au comportement de ces personnes. Or elles ont tendance à quitter notre pays … On estime que plus de 200 milliards d’euros de capital appartenant à des individus redevables de l’ISF sont sortis de France depuis 1997.

Ces départs sont problématiques pour plusieurs raisons:

  • ces individus ne payent plus leurs autres impôts en France,
  • ils génèrent de l’activité et de la consommation à l’étranger, et non plus en France,
  • avec leur départ, c’est une source de financement des entreprises qui disparaît.

En poussant les français les plus riches à se domicilier fiscalement à l’étranger, l’ISF réduit paradoxalement les recettes fiscales de l’Etat et accroît mécaniquement la part du fardeau fiscal que doivent assumer les pauvres.

Face à cette situation, les politiques ont aujourd’hui plusieurs possibilités :

  1. Contrôler strictement les sorties hors de France, ce qui n’est pas vraiment dans l’air du temps dans la mesure où c’est contraire à notre Constitution ainsi qu’au principe de la libre circulation en Europe.
  2. Aménager l’ISF jusqu’à le rendre inopérant. C’est l’approche que semble avoir choisie le gouvernement actuel en mettant en place le bouclier fiscal. Ce choix, s’il a l’avantage d’être sur celui qui engendre la résistance politique la plus faible, est source d’une grande complexité.
  3. Supprimer purement et simplement l’ISF. C’est l’approche qui serait de loin la plus simple et la plus logique économiquement. D’autres pays européens l’ont fait entre 1993 et 2006 : l’Allemagne, le Danemark, les Pays Bas, l’Autriche ou encore la Finlande.

Si la suppression de l’ISF entrainerait une perte d’environ 3,7 milliards de recettes fiscales, on aurait en contrepartie un gain d’assiette pour les autres impôts. En effet, on retiendrait à coup sûr des fortunes qui ont tendance à s’en aller aujourd’hui et tout laisse à penser que des capitaux reviendraient en France. Au total les rentrées pour l’Etat devraient très rapidement et très largement dépasser ces 3,7 milliards d’euros annuels.

Le débat sur l’ISF est aujourd’hui un débat exclusivement idéologique car personne ne peut nier son inefficacité sociale et économique.

Accédez aux articles contenant les mots-clefs :
,
Accédez aux articles traitant de la même problématique :

Une réaction sur cet article.

  1. Bertrand dit :

    Pour le moment, l’Etat ne risque t il pas de se rattraper sur les autres impôts ? C’est à dire que ces fameux retours de capitaux en France vont prendre du temps, d’une année sur l’autre il y a eut une perte de 3.7 milliards. Le gouvernement a forcement dû compenser quelque part en attendant que la mesure porte ses fruits ?


Laisser un commentaire







Rechercher

Ils font confiance à TL Conseil pour la réalisation et la gestion de leur site internet ou de leur blog, outils de communication d'influence.

Partenaires

TL Conseil soutient la fondation Greffe de Vie

Diaporama des vidéos
Abonnements au blog

Inscription newsletter TL Conseil :
Derniers commentaires
  • Acouphene remede : Deux ans plus tard, on voit bien que ce modèle ne multiplie pas les « Stars » ;… mais Grégoire est...
  • Expert immobilier : Je ne savais pas que cela était possible en terme de résistance. Bravo à vous !
  • eirl : Bonjour, De ce tableau comparatif, on peut retenir que le coût de la comptabilité d’une EIRL soumise à l’IS sera le même que...
  • Olivier Darmont : Merci pour l’ensemble de ces informations qui me sont très utiles. Je consulte également le site http://planete-entrepreneur...
  • Darmont : Merci pour l’ensemble de ces informations qui me sont très utiles. J’utilise également le site planete-entrepreneur-individue l.fr qui...
Retrouvez-moi
Viadeo
En direct de Twitter...
Sphère de mots-clefs