
Il est urgent de faire cesser la préférence française pour la grande entreprise. Aujourd’hui, l’innovation et la croissance ne sont plus l’apanage des grands groupes, bien au contraire c’est souvent dans un garage que se préparent les révolutions économiques de demain. La force d’un pays moderne c’est de préparer les futurs champions mondiaux de demain.
Un chiffre, un seul, fourni par le rapport Betbèze/Saint-Etienne de 2004 : entre 1993 et 2003, les PME françaises ont créé près d’un million d’emplois. Plus de 50% de ces emplois ont été créés par seulement 5% de ces PME, les fameuses gazelles, qui sont indiscutablement le moteur de la croissance et de l’emploi en France.
Deux mesures concrètes pour aider les PME à se développer :
1- Améliorer les relations entre les grands donneurs d’ordre (l’Etat et les grandes entreprises) et les PME, en particulier sous l’aspect des délais de paiement. Chacun sait que le besoin en fonds de roulement est à la fois le plafond de verre de la croissance et la cause numéro un des défaillances en France. Aujourd’hui ce sont les PME qui font la trésorerie de l’Etat et des grands groupes.
2- Revoir les contrats de travail. Les gazelles ont besoin de plus de flexibilité que les autres entreprises. Il faut qu’ensemble on arrive à convaincre les français qu’embaucher pour une PME de 50 salariés, c’est beaucoup plus risqué que pour une entreprise du CAC40, de la même façon que les 2735 pages du Code du Travail ne devraient pas s’appliquer de manière quasi-identique aux PME et aux multinationales.
Tout l’enjeu est aujourd’hui de permettre aux nouvelles entreprises de se développer : le gouvernement agit dans cette voie.
En 2005, 231.000 entreprises ont été créées contre 170.000 en 2001. L’engagement pris par le Président de la République d’un million d’entreprises nouvelles sur l’ensemble du quinquennat va être dépassé. Pour autant ces entreprises doivent avoir les moyens de se développer.
Le gouvernement va dans le bon sens : il a mis en place le 1er janvier 2007 un statut des entreprises de croissance. Il concernera les PME de 20 salariés qui ont connu en 2004 et 2005 une croissance d’au moins 15% de leur masse salariale, soit près de 5.000 PME en 2007. L’impôt sur le sociétés des entreprises de croissance sera gelé pendant la phase de croissance rapide. Elles pourront ainsi réinvestir dans leur développement les bénéfices liés à la croissance. Les entreprises de croissance pourront différer le paiement des cotisations des nouveaux salariés embauchés. Enfin, elles pourront embaucher temporairement des cadres des grandes entreprises ou de la fonction publique grâce à des congés de mise à disposition.
Le gouvernement facilite l’accès au financement pour les entreprises de croissance. L’investissement va être orienté vers les premières étapes du développement des PME, grâce à la mise en place de France Investissement. Au total, plus de 3 milliards d’euros seront ainsi mobilisés sur 6 ans au profit des entreprises de croissance. Les business angels vont également être soutenus. Aujourd’hui, la France n’en compte que 4.000, contre 40.000 en Grande-Bretagne et 400.000 aux Etats-Unis. Or c’est souvent une aide indispensable pour les entreprises en croissance. Pour une jeune entreprise, bénéficier du financement, mais surtout de l’expérience et des conseils d’un actionnaire qui est lui-même entrepreneur, c’est un atout considérable. Le gouvernement a décidé de reconduire pour 4 ans le mécanisme de réduction d’impôt de 25% pour tout investissement au capital d’une PME. Il a également décidé de permettre aux investisseurs particuliers qui souhaiteraient se regrouper dans une société anonyme ou une société par action simplifiée de bénéficier de cette mesure. Il a enfin accordé aux sociétés de capital risque constituées par des business angels deux avantages importants : d’une part l’éligibilité à des garanties d’OSEO pouvant aller jusqu’à 70% des montants investis ; d’autre part l’éligibilité à la branche publique de France Investissement.
De nouveaux chantiers doivent être abordés :
Le premier chantier, c’est la réduction des délais de paiement. De très nombreuses PME dépendent exclusivement des contrats de sous-traitance qu’elles ont avec les grandes entreprises. Leur trésorerie ne doit pas être fragilisée par des délais de paiement trop longs.
Le second chantier, c’est la mobilisation des établissements financiers aux côtés des dirigeants de PME. Les banques tout d’abord. Pour se développer, les PME ont besoin d’un accès simple au crédit. Le Président de la République avait demandé que les banques intègrent dans leur rapport annuel un relevé précis de leurs actions en faveur du financement des entreprises nouvelles. Dès le premier trimestre 2007, des données précises sur les encours des prêts aux petites entreprises de chaque établissement devraient être publiées. A côté des banques, les compagnies d’assurance ont également tout leur rôle à jouer pour financer les entreprises de croissance. Elles se sont engagées à investir 6 milliards d’euros supplémentaires dans les sociétés non cotées en bourse. L’objectif est aujourd’hui quasiment atteint : au 1er semestre 2006, nous en sommes à 5.8 milliards d’euros investis.
Le troisième chantier, c’est la participation. Aujourd’hui les efforts et le travail de beaucoup de salariés de PME ne sont pas suffisamment récompensés. Grâce au projet de loi pour le développement de la participation et de l’actionnariat salarié, le gouvernement étend la participation à tous :
- Il donne la possibilité aux entreprises de réaliser des distributions d’actions gratuites qui concerneront l’ensemble des salariés, dans le cadre très simple du Plan Epargne Entreprise.
- Il lève tous les obstacles à la mise en place de la participation dans les entreprises de moins de 50 salariés : simplification des formalités administratives, augmentation des plafonds fiscaux, facilitation du passage du seuil de 50 salariés en créant des passerelles entre intéressement et participation.
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