Ce blog est un carnet de notes et de réflexions qui a pour objectif de générer des discussions autour de thèmes qui me sont chers et sur lesquels l'équipe de TL Conseil intervient. J'aborde notamment des thématiques comme le lobbying, la communication d'influence, l'intelligence économique ou encore l'innovation et l'entrepreneuriat. Ces sujets font également l'objet de débats dans le cadre du Networking & Business Club. A travers ce blog, je souhaite nourrir, à mon échelle, le dialogue politique en ligne. Je relaie souvent ce que disent les autres, notamment des personnalités issues de la société civile, afin d'établir un lien permanent avec les hommes et les femmes politiques. J'espère que vous trouverez en parcourant mon blog un certain nombre d'idées et de propositions concrètes et innovantes. Je vous invite vivement à participer au débat en laissant des commentaires. Thomas Legrain

  • 7 août 2007
  • 1

Comment former davantage d’entrepreneurs en France ? (2)

1 étoile2 étoiles3 étoiles4 étoiles5 étoiles (Pas encore de vote)
Loading ... Loading ...

Thomas Legrain, Associé Gérant de TL Conseil

La situation actuelle en termes de création d’entreprises par les jeunes n’a guère évolué depuis dix ans :

Les mesures techniques en faveur de la création et de la reprise d’entreprises se sont amplifiées et multipliées depuis dix ans, facilitant le passage à l’acte d’entreprendre.

A cet égard, la loi sur l’initiative économique de 2003, dite « loi Dutreil », a constitué une avancée majeure en :
- simplifiant la vie du créateur et son installation (libre capital des Sarl, domiciliation du créateur) ;
- adaptant la protection et les cotisations sociales au début d’activité (activités occasionnelles, cotisation unique pour le salarié créateur) ;
- permettant aux salariés de franchir le pas plus aisément (formation, congé, clause d’exclusivité) ;
- favorisant le financement des projets (apports au capital, taux d’usure, recours aux obligations).

Dans le même temps, les pouvoirs publics ont élargi la gamme des produits de financement et de garanties à l’intention des créateurs et repreneurs via Oséo.

L’arsenal des outils paraît aujourd’hui suffisamment étoffé, au regard du niveau historiquement élevé des créations d’entreprises depuis 2003.

Pourtant, force est de constater que le flux des entreprises créées par les jeunes diplômés reste relativement limité.

Selon une étude de l’APCE réalisée en août 2005 et qui portait sur l’entrepreneuriat étudiant, 4% environ des créateurs d’entreprises passent directement du statut d’étudiant à celui de créateur. Ainsi, le nombre de créations d’entreprises nouvelles par des étudiants se situe entre 7.000 et 9.000 par an. Cette étude révèle que les jeunes de niveau bac+2 à bac+4 sont à l’origine de près de la moitié des entreprises créées par les étudiants (48%) et que les bac+5 et au delà ne représentent qu’une très faible part avec seulement 1,5% pour les ingénieurs et 3,3% pour les managers. Il semble que plus on fait d’études, plus on en sait (ou croit savoir) sur la complexité des entreprises, des relations du travail, de l’organisation, du management, moins on a envie de s’y frotter. Il y a là un paradoxe tout à fait significatif de notre pays. Pour les diplômés de l’enseignement supérieur, l’obtention d’un poste au sein d’une grande entreprise parait être une opportunité plus avantageuse au sortir de leurs études, tant en termes d’apprentissage d’un métier qu’en termes de rémunération, cette dernière étant plus sûre et immédiatement plus élevée. A ceci s’ajoute une forte aversion au risque, caractéristique de la société française, qui contribue à dévaloriser le statut de créateur d’entreprises et de dirigeant de PME.
Le fait que les individus les plus diplômés soient les moins attirés par la création d’entreprises est d’autant plus dommageable que les études montrent très clairement que les entreprises créées par des diplômés génèrent davantage d’emplois que celles qui sont créées par des non diplômés.

Pour convaincre les étudiants diplômés de créer, voire de reprendre une entreprise, plutôt que d’opter pour la voie du salariat classique, il semble nécessaire d’agir simultanément sur trois leviers :
- diminuer les freins culturels qui sous valorisent le statut d’entrepreneur, notamment à travers une promotion active et positive de l’entrepreneuriat ;
- diminuer le risque perçu, par une meilleure préparation des étudiants à la création et à la reprise d’entreprises ;
- réduire les inconvénients matériels immédiats qui sont induits par la création d’une entreprise en mettant en place une politique fiscale et sociale adaptée.

On pourrait légitimement penser que si le système éducatif français dans son ensemble intégrait davantage et plus en amont des études la dimension entrepreneuriale, l’aversion au risque diminuerait, le statut de créateur d’entreprises et de dirigeant de PME serait revalorisé et l’esprit d’entreprendre se développerait chez les jeunes.


Thomas Legrain, Associé Gérant de TL Conseil

Une réaction sur cet article.

  1. henri dit :

    Bonjour, je vous remercie pour cet article. Mon équipe et moi-même avons décidé depuis le mois de décembre de créer une entreprise innovante dans le domaine de la mobilité. Sur les quatre personnes que composent mon équipe nous sommes trois étudiants. Je suis pour ma part en stage mais aussi entrepreneur au sein de l’incubateur d’entreprise de luminy à Marseille. La difficulté principale que nous rencontrons est l’absence de statut Etudiant/ Créateur. En effet, aucun d’entre nous n’est chomeur aussi il est difficile de prétendre à des aides financières ou du conseil. Nous devons continuer à faire appel à nos parents pour nous aider dans notre désir de création d’entreprise. Je suis persuadé que la création d’un statut Etudiant / Créateur aiderait et motiverait des étudiants en étude supérieure à créer et surtout à innover.

Laisser un commentaire