Proposition n°7 : développer l’esprit entrepreneurial à l’école primaire :
Les pédagogies axées sur le développement de l’autonomie devraient se développer (cf. les méthodes Montessori, Freinet,…) en incitant les écoles à faire des projets axés sur les objectifs de ces pédagogies et à utiliser les moyens qu’elles proposent. Des budgets spécifiques devront être consacrés à ce type de projets.
Il serait également opportun d’organiser des visites d’entreprises dès le primaire afin que les enfants puissent associer des images à différents métiers.
Tous les projets que les enfants ont envie de mettre en œuvre à partir de leurs propres idées devraient pouvoir être encouragées dans le cadre de l’école : organiser une fête de fin d’année, écrire un journal d’école, acheter un ordinateur pour la classe, vendre des gâteaux pour financer une sortie,… Ces projets doivent pouvoir être pris en charge directement par les enfants qui seront accompagnés pour réaliser une étude de besoin, mettre en place un plan d’actions, construire et négocier un budget, réaliser des supports de communication,… Ces activités devront se faire en étroite coordination avec les apprentissages fondamentaux (calcul, écriture, travail en groupe,…).
Les travaux en équipe doivent être largement encouragés dans la mesure où ils permettent de développer des compétences relationnelles indispensables à l’esprit entrepreneurial : oser parler en public, savoir poser des questions, faire un bilan critique de ses propres actions,…
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Dans l’idéal, il y a un maillon essentiel, socle de l’autonomie, dans la croissance de l’enfant : le développement de l’estime de soi. Cette notion est se définie par une attitude intérieure qui consiste à se dire que l’on a de la valeur. Elle « est faite de quatre composantes: le sentiment de confiance, la connaissance de soi, le sentiment d’appartenance à un groupe et le sentiment de compétence »(1). Elle réellement méconnue en France. La pédagogie Montessori en est pénétrée. Au Canada, l’estime de soi est centrale dans l’éducation dès le plus jeune âge. L’école commence à 6 ans. Avant, c’est le temps du travail sur les habiletés sociales : apprendre aux enfants à être à l’aise avec les autres tout en les assurant régulièrement de leur propre valeur, notamment en les félicitant de ses succès. Je cite un extrait du programme d’une garderie éducative pour des petits âgés de 5 ans : « apprendre à reconnaître ses émotions et ses goûts, les exprimer, exprimer verbalement ses désaccords, faire des choix, négocier une solution, reconnaître les émotions de l’autre, aider l’autre, écouter l’autre et les solutions qu’il propose, les accepter, ralentir ses élans moteurs, reconnaître les signes d’agitation, développer une bonne attitude d’écoute, etc…. ». Avec de telles bases, le jeune adulte vit globalement mieux le passage vers le monde professionnel que par chez nous où l’enseignement académique de matières académiques est le plus souvent montré en exemple. Les initiatives personnelles sont également plus fréquemment sujettes à l’admiration de l’entourage… Mais tout n’y est pas rose non plus bien entendu. Simplement, trouver des exemples extérieurs permet de prendre du recul et de se dire que l’on peut enrichir notre réalité française de composantes qui, entre autre, développeront cet esprit entrepreunarial. La formation des instituteurs elle-même gagnerait à s’étoffer encore d’une psychologie plus positive.
(1) Germain Duclos in « L’estime de soi, un passeport pour la vie »