Ce blog est un carnet de notes et de réflexions qui a pour objectif de générer des discussions autour de thèmes qui me sont chers et sur lesquels l'équipe de TL Conseil intervient. J'aborde notamment des thématiques comme le lobbying, la communication d'influence, l'intelligence économique ou encore l'innovation et l'entrepreneuriat. Ces sujets font également l'objet de débats dans le cadre du Networking & Business Club. A travers ce blog, je souhaite nourrir, à mon échelle, le dialogue politique en ligne. Je relaie souvent ce que disent les autres, notamment des personnalités issues de la société civile, afin d'établir un lien permanent avec les hommes et les femmes politiques. J'espère que vous trouverez en parcourant mon blog un certain nombre d'idées et de propositions concrètes et innovantes. Je vous invite vivement à participer au débat en laissant des commentaires. Thomas Legrain

  • 27 sept 2007
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Comment former davantage d’entrepreneurs en France ? (12)

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Thomas Legrain, Associé Gérant de TL Conseil

Développer la sensibilisation à l’entrepreneuriat dans l’enseignement primaire et secondaire :

Les dispositifs de sensibilisation à l’entrepreneuriat dans l’enseignement primaire visent à développer la créativité et l’autonomie chez les enfants. A travers des activités ludiques, ils mettent en valeur la prise de décision, la prise de risque ainsi que la désacralisation du succès et de l’échec.

Les dispositifs de formation susceptibles d’être mis en place dans le cadre de l’enseignement secondaire (collèges et lycées) visent à satisfaire plusieurs enjeux :
- sensibiliser les élèves à l’entreprise et au monde du travail ;
- élargir et améliorer leur orientation ;
- leur ouvrir des perspectives de développement personnel, des futurs en termes de carrière professionnelle ;
- leur donner envie d’être entrepreneurs de leur vie.

Si l’objectif n’est pas que tous les jeunes deviennent entrepreneurs en créant ou en reprenant une entreprise, ceux qui choisiront de passer à l’acte réussiront d’autant mieux qu’ils sont compris par leur environnement. Dès lors, il est important que tous les jeunes aient été sensibilisés aux problématiques spécifiques liées à l’entrepreneuriat afin qu’ils ne les ignorent pas lorsqu’ils seront confrontés à des entrepreneurs, qu’ils aient choisi de faire une carrière comme salariés de grand groupe, comme investisseurs, comme fonctionnaires ou comme élus en politique.

Des rencontres doivent permettre de parler du quotidien de l’entreprise. Les liens ainsi noués avec les équipes pédagogiques des établissements permettent de corriger le discours ambiant généralement diffusé auprès des jeunes et la présence régulière mais non invasive de l’entreprise au sein de l’école permet de rapprocher ces deux mondes qui continuent bien souvent de s’ignorer. Les dirigeants doivent accepter de consacrer un peu de leur temps pour ces engagements.

La sensibilisation à l’entrepreneuriat au collège :
Il apparaît nécessaire d’introduire dans les programmes une sensibilisation des enfants sur la notion de «s’entreprendre», via la créativité, le projet (développer l’audace, l’autonomie, l’éthique, …) permettant de développer un état d’esprit entreprenant. Le but des actions de sensibilisation à l’entrepreneuriat n’est pas tant de développer instantanément l’effectif d’entrepreneurs au sein de l’économie, mais de favoriser l’instauration d’une culture favorable à l’entrepreneuriat.

La détection des talents entrepreneuriaux au lycée peut trouver un terrain favorable à travers plusieurs actions :
- le développement de concours de création d’entreprises. Ces concours peuvent fournir une incitation relativement forte à la créativité, conduisant les étudiants à se dépasser. Ils voient leurs lauréats récompensés par des financements pour développer leurs projets ou bien alors par des services d’accompagnement gratuits. Ils constituent des processus d’apprentissage de l’activité entrepreneuriale. Même les perdants en retirent un gain, sous forme de connaissances tant formelles que tacites. Ces concours doivent être organisés au niveau régional sous l’autorité des recteurs d’académie et être co-financées par les conseils régionaux et les Chambres consulaires ;
- la mise en place d’une pédagogie par projets systématique incluant du travail en équipe et la mise en avant des complémentarités nécessaires. Il faudrait en particulier réintroduire un certain nombre de projets transversaux qui existaient dans le cadre de l’enseignement secondaire et qui ont été supprimés pour faire des économies ;
- le témoignage d’entrepreneurs rôles modèles ;
- le développement de visites d’entreprises (journées portes ouvertes ou stage de quelques jours dans la scolarité) en privilégiant les PME. Le stage d’une semaine qui existe en classe de 3ème constitue un premier pas dans ce sens.

Il existe plusieurs exemples d’actions visant à détecter les talents entrepreneuriaux qui ont été mis en place au niveau régional et qui se sont révélés être des réussites :
- le concours Entreprendre au Lycée, organisé par la région PACA, existe depuis 1991. Il a concerné 7000 élèves, 650 enseignants et 50% des établissements des deux académies. 400 Mini-Entreprises ont été constituées. Cette action a été étendue à la Guyane et à la Guadeloupe ;
- l’opération Basket Entreprise organisée par l’Académie de Nantes génère une participation annuelle de plus de 300 élèves ;
- la CCI des Jeunes, mise en place dans l’Académie de Montpellier ;
- une Entreprise dans votre lycée, organisée par l’Académie de Rennes ;
- les Mini-Entreprises, un exemple de sensibilisation à l’échelle européenne. Ce dispositif permet aux élèves de créer et/ou de reproduire, à petite échelle, une véritable activité économique autorisant une perception réaliste du fonctionnement des entreprises.

Aujourd’hui, ces actions concernent principalement des élèves des lycées professionnels et technologiques préparant soit un CAP, un BEP ou un baccalauréat professionnel ou technologique. Elles mériteraient d’être étendues à l’ensemble des lycéens.

Il serait souhaitable qu’elles soient pilotées au niveau régional afin d’éviter un risque de dispersion qui nuirait à leur lisibilité et à leur efficacité.

Télécharger l’intégralité du rapport


Thomas Legrain, Associé Gérant de TL Conseil

Une réaction sur cet article.

  1. Frederic dit :

    Bonjour,

    J’ai découvert votre blog et votre initiative il y a peu, en parcourant la toile. Et c’est avec bonheur que j’ai pris connaissance du rapport au Sénat que vous avez rédigé récemment. Si sa publication est récente, les idées qui y sont développées doivent, elles, mûrirent depuis un certain moment.

    Je suis un étudiant plein d’idées, et fasciné par l’entrepeunariat. Pas celui que l’on enseigne dans les grandes écoles, mais celui dont on cultive l’idée auprès des artisans, de ces initiatives individuelles qui font le dynamisme d’une société.

    J’ai été agréablement surpris par la concision, la précision et la pertinence de votre exposé. Les constats sont exacts et les solutions proposées cohérentes. Toutes les interrogations que j’ai soulevé durant ces années d’études, suscitées par mon incompréhension vis à vis des politiques publiques menées pour l’initiative et la recherche ont trouvé un écho en vos écrits.

    Mon seul regret est de ne pas voir ces propositions plus médiatisées. Les journalistes se tiennent à un débat stérile où les idées sont aussi infondées qu’ambitieuses. Nombreux sont les acteurs de la vie publique qui devraient s’inspirer des idées de ce rapport, réalistes et indispensables.

    Pour info : il me semble avoir découvert votre blog après avoir lu cet autre rapport du Conseil Général des Mines, vieux de près de 10 ans mais malheureusement toujours à propos aujourd’hui.

    http://www.cgm.org/themes/deveco/formati/bcd/vfframe.html

    Bonne continuation,
    Cordialement

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