- 18 jan 2006
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Financement de l’innovation : la France peut faire mieux !!!

En France, et plus globalement en Europe, le niveau d’investissement reste relativement bas par rapport à d’autres pays tels que les Etats-Unis ou Israël et en regard des réels besoins de financement de l’innovation. A titre de comparaison, en 2004, 631 millions d’Euros ont été investis en France contre 1.500 millions d’Euros en Israël. On notera tout de même une amplification des mesures institutionnelles en faveur de l’investissement notamment la création d’Alternext qui vise à permettre de combler un chaînon manquant du financement de l’innovation en France : celui de la bourse qui, en aval, permet la sortie des capital-risqueurs. Alternext se veut un marché intermédiaire entre la Bourse de Paris et le non coté et constitue un marché d’adaptation dans lequel des PME peuvent avoir accès à un financement de marché tout en étant soumises à des règles adaptées à des sociétés de petite et moyenne taille. On objectera cependant que l’intérêt d’Alternext pour les VCs pourrait rapidement se montrer limité. En effet, les cibles de ce marché sont des entreprises dont les capitalisations sont comprises entre 10 et 80 millions d’Euros. Ces montants correspondent au bas de la fourchette pour les principaux VCs actifs sur le marché français dans la mesure où suite à des investissements de l’ordre de 10 à 25 millions d’Euros, les fonds espèrent souvent des valorisations de l’ordre de 100 millions d’Euros. Il manque donc toujours à la France un outil réellement comparable à l’Alternative Investment Market (AIM) en Angleterre.
Après la mise en place longtemps attendue du statut de Jeune Entreprise Innovante (JEI), on attend toujours la création d’un statut de Jeunes Entreprises Innovantes Cotées ou encore la possibilité de déduire sans plafond de l’Impôt de Solidarité sur la Fortune (ISF) une large part (environ 40%) du montant des versements effectués au cours de l’année d’imposition au titre de l’ensemble des investissements directs dans des JEI ou indirects dans des FCPI, FIP, FCPR, SUIR.
On notera tout de même avec intérêt la toute récente annonce du Président de la République concernant la volonté des pouvoirs publics de lever 2 milliards d’Euros afin de les investir dans les PME les plus dynamiques. Cette levée de fonds se fera sur les marchés financiers avec une garantie de l’Etat et permettra de mêler fonds publics et fonds privés dans les investissements en capital. Ce dispositif inspiré des Small Business Investment Companies (SBIC) américaines a pour objectif affiché de dynamiser le capital-risque en France. L’objectif est de pallier le déficit de ressources en fonds propres des entreprises moyennes françaises. En effet, si les PME les plus importantes en terme de taille attirent les spécialistes du Leverage Buy Out (LBO), les PME qui ne sont pas les plus innovantes ou qui ne bénéficient pas de revenus suffisamment récurrents n’attirent ni les capital-risqueurs, ni les acteurs du LBO et ne peuvent compter que sur les acteurs du capital-développement assez peu représentés en France.










Pour enrichir votre billet, il est intéressant de faire une petite mise à jour en parlant des nouvelles mesures énoncées par notre président devant CGPME le 5 octobre 2009, mesures débloquant 2 milliards d’aide pour les PME française. Les infos ici : http://bit.ly/2eg7Is.
Vous pouvez également voir nos analyses au sujet de crédit impôt recherche sur le site de Glaizer : http://www.glaizer.com