Ce blog est un carnet de notes et de réflexions qui a pour objectif de générer des discussions autour de thèmes qui me sont chers et sur lesquels l'équipe de TL Conseil intervient. J'aborde notamment des thématiques comme le lobbying, la communication d'influence, l'intelligence économique ou encore l'innovation et l'entrepreneuriat. Ces sujets font également l'objet de débats dans le cadre du Networking & Business Club. A travers ce blog, je souhaite nourrir, à mon échelle, le dialogue politique en ligne. Je relaie souvent ce que disent les autres, notamment des personnalités issues de la société civile, afin d'établir un lien permanent avec les hommes et les femmes politiques. J'espère que vous trouverez en parcourant mon blog un certain nombre d'idées et de propositions concrètes et innovantes. Je vous invite vivement à participer au débat en laissant des commentaires. Thomas Legrain

  • 24 jan 2007
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L’Entrepreneuriat: visions de spécialistes

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Alain Fayolle, enseignant chercheur à l\'EM Lyon Olivier Basso, enseignant chercheur à l\'Institut Singleton

Alain Fayolle, enseignant chercheur à l’EM Lyon, et Olivier Basso, enseignant chercheur à l’Institut Singleton, répondent à quelques questions sur l’entrepreneuriat.
Propos recueillis par Isabelle de Charon, étudiante à HEC Entrepreneurs.

Qu’est-ce qu’être entrepreneur ?

Alain Fayolle : C’est avoir les capacités à identifier et développer des opportunités

Olivier Basso : Et ce sans être bloqué par l’état des ressources disponibles, vu souvent comme une contrainte

Quid de l’entrepreneuriat en France ?

Olivier Basso : On bénéficie encore des effets positifs de la période 98-2000 : un changement des mentalités qui a impulsé une dynamique dont la qualité n’a cessé de croître

Alain Fayolle : La société française est très pénalisée par ses représentations, images et propos qu’elle véhicule sur l’entrepreneuriat ; de fait beaucoup de créations se font soit par nécessité (fort taux de chômeurs créateurs) soit par hasard dans le cadre de l’innovation technologique. Il serait bon qu’il y ait plus de créations par envie et par plaisir, et ceci nécessiterait une plus grande information sur le sujet.
Si la société américaine valorise beaucoup l’activité d’entreprendre et l’entreprise, en France au contraire les entrepreneurs sont soit des héros à la Bill Gates ou Richard Branson (mais jamais des français !!) soit des bandits qui s’enrichissent en exploitant les autres et en recevant des golden parachutes. D’où 2 constats pour les Français : on y arrivera jamais ou on n’a pas envie de se comporter comme ça…

Olivier Basso : Une statistique commune dit que dans 50% des cas la décision d’entreprendre correspond à un changement brutal de contexte professionnel (perte d’emploi / départ), et ce aussi bien en Europe qu’aux Etats-Unis. Mais la dynamique de rebond n’est pas la même : alors qu’aux USA la création induit fréquemment un feedback positif de l’entourage, en France on sera plus frileux et timoré, angoissé face aux risques que cela implique. Il y a donc vraiment une variable culturelle qui entre en jeu.
Pourtant, les outils et dispositifs d’aide, de formation et de transfert d’expérience ont beaucoup changé, et on a accès à toute une gamme de conseils et de témoignages, bien plus qu’il y a 10 ans.

Quelles sont les compétences à avoir pour se lancer ?

Alain Fayolle : L’intelligence des situations, savoir s’appuyer sur les autres, identifier les ressources que l’on n’a pas et se les procurer
Il faut avant tout l’intention d’entreprendre, pour cela il faut améliorer la formation et l’information et amener l’individu à désirer devenir entrepreneur et à penser que c’est faisable, de façon à faire passer les individus d’un projet à un principe de réalité.

Olivier Basso : De la créativité, non pas seulement dans la vision du projet mais aussi concernant les ressources : on sait que les banquiers ne prêtent pas aux entreprises nouvellement créées, et aux Etats-Unis non plus contrairement aux idées toutes faites. La vraie question est donc non pas de savoir « où vais-je trouver les 100 000 € dont j’ai besoin ? » mais de savoir « à quoi vont me servir ces 100 000 € ? ».
Il faut également toujours avoir une solution de repli afin de pouvoir rebondir.
Enfin, il faut de l’obstination, car il y a toujours de bonnes raisons d’abandonner, des obstacles, c’est pourquoi il est nécessaire de toujours savoir « jusqu’où est-ce que je m’obstine ? »


Alain Fayolle, enseignant chercheur à l'EMLyon, et Olivier Basso, enseignant chercheur à l'Institut Singleton

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