Je vous propose ici la synthèse traduite d’un article paru le 27 juillet sur le site du New York Times, dont le titre original est Ex-Regulators Get Set to Lobby on New Financial Rules. Comme vous le savez sans doute, le président Obama a fait voter par le Congrès jeudi 15 juillet une réforme bancaire et financière. On apprend dans l’article ci-dessous que ce changement de législation va entraîner de nombreuse créations juridiques, sur lesquelles les agences de lobbying comptent bien peser.
Ex-Regulators Get Set to Lobby on New Financial Rules par Eric Lichtblau
Comme l’âpre bataille sur les restrictions dans le domaine de la finance bascule sur un nouveau front, les organismes de régulation qui vont créer des centaines de nouvelles règles pour les grandes banques du pays vont devoir faire face à un sérieux lobbying de la part des sociétés décidées à adoucir le coup. Et parmi ces lobbyistes que les régulateurs vont entendre, beaucoup seront d’anciens collègues.
Près de 150 lobbyistes enregistrés l’an dernier travaillaient auparavant à des postes de direction chez des organismes financiers, depuis les juristes pour la Securities and Exchange Commission (SEC) jusqu’aux banquiers de la Réserve Fédérale, selon les données analysée pour le New York Time par le Center for Responsive Politics, un groupe de recherche non-partisan.
De plus, des douzaines d’anciens juristes du gouvernement, qui eux ne sont pas répertoriés en tant que lobbyistes, sont en train d’éplucher les nouvelles réglementations financières pour le compte de sociétés clientes.
« Les chasseurs de tête sont en pleine action » pour recruter d’anciens régulateurs du gouvernement, en tant qu’avocats ou lobbyistes, selon Lawrence Kaplan, qui fut un avocat au government’s Office of Thrift Supervision (Bureau gouvernemental d’observation de l’épargne) et qui officie désormais sur la réglementation bancaire pour le cabinet juridique Paul Hastings à Washington.
Résumons ce que recherchent ces chasseurs de têtes et comment les agences de lobbying compte tirer profit de leurs compétences et pourquoi :
Selon l’analyse effectuée par le Center for Responsive Politics, près de 500 fonctionnaires sont passés par la «porte tournante» entre les organismes gouvernementaux et financiers du secteur privé. De ce groupe, 148 ex-responsables de la réglementation ont été enregistrées auprès du gouvernement l’année dernière ou cette année, représentant pratiquement tous les organismes de réglementation.
Les fonctions passées de ces collaborateurs peuvent jouer un rôle prépondérant. Les représentants gouvernementaux et les lobbyistes s’accordent à dire que ces anciens agents officiels ont beaucoup plus de facilités à obtenir des rappels téléphoniques ou des retours à leurs courriels de la part de leurs anciens collègues, et ces facilités d’accès leur donne plus de crédibilité pour défendre les positions de leurs clients.
Un lobbyiste d’entreprise qui a travaillé en tant que régulateur, à qui il était demandé s’il croyait pouvoir réellement influencer de l’intérieur ses ex-collègues, répondit : « La réponse est oui, bien sûr. Autrement, je ne pourrais pas expliquer le fait de me lever le matin et tarifer les honoraires scandaleux que nous facturons à nos clients, qui les paient bien volontiers. »
L’inspecteur général de la SEC a relevé un certain nombre d’enquêtes récentes dans lesquelles il apparait que des ex-juristes d’agences de régulation semblent avoir une influence indue sur leurs anciens collègues dans des affaires impliquant d’anciennes ou d’actuelles grandes institutions financières comme JPMorgan Chase, Bear Stearns et le Stanford Financial Group, qui fut impliqué dans une chaîne de Ponzi de plusieurs millions de dollars.
Dans un cas, un agent de la SEC à qui était demandé les raisons de la clémence accordée à une société de capital suspectée de pratiques frauduleuses, déclara qu’il avait donné à la société le « bénéfice du doute » car elle était représentée par un ancien de la SEC.
Généralement, la plupart des hauts fonctionnaires au niveau fédéral des organismes de réglementation se voient interdits de pratiquer le lobbying auprès de leur ancien organisme pour un an après avoir quitté leurs fonctions. L’administration Obama est même allée plus loin en imposant des restrictions sur ses agents une fois qu’ils ont quitté le gouvernement.
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