
Les achats publics de travaux, de fournitures et de services, qu’ils soient le fait d’administrations de l’Etat, de collectivités territoriales ou d’établissements publics, représentent, avec une valeur comprise entre 120 et 130 milliards d’Euros par an [10% du PIB] un moteur essentiel de l’économie de notre pays.
La capacité des entreprises, et notamment des PME à répondre aux appels d’offres influe considérablement sur leur devenir. Néanmoins, de par leur structure, les PME, et notamment les plus jeunes et les plus petites d’entre elles, rencontrent de nombreuses difficultés pour accéder à la commande publique :
Parmi les différents acteurs capables d’accompagner les jeunes PME, les grandes entreprises sont les plus à même de le faire. L’Etat n’en n’a pas les moyens, les investisseurs s’intéressent principalement aux entreprises hautement technologiques ou aux entreprises matures, les banques ne prennent pas ce type de risque et ont des contraintes de rentabilité à court terme. Quant à l’idée du gouvernement consistant à créer des fonds d’investissement de proximité (FIP), financés par des épargnants en contre partie d’une optimisation fiscale, c’est vouloir faire jouer au contribuable un rôle que les banquiers et les investisseurs ne veulent pas endosser, à juste titre. Pour être rentables, les FIP vont inévitablement s’orienter vers les entreprises les plus matures, ce qui ne résoudra pas le problème des jeunes entreprises.
La solution passe par les grandes entreprises. Leur rapprochement avec les jeunes PME peut relever de deux logiques : d’une part la recherche de nouvelles technologies ou de nouveaux marchés en finançant ou en rachetant des start-up, avec l’essaimage, les fonds corporate. Force est de constater que l’impact s’est révélé faible sur l’activité des grandes entreprises. D’autre part, la recherche permanente de compétitivité pousse les dirigeants des groupes à trouver de nouveaux leviers pour le management des resoources humaines. Depuis quatre à cinq ans, la compétitivité des entreprises est largement passée par une stratégie de réduction de coûts. Celle-ci atteint ses limites. Les grands groupes veulent, désormais travailler sur le développement, l’innovation, l’esprit d’entreprendre pour dynamiser leurs troupes. Comment faire naître un état d’esprit favorisant l’initiative et la réactivité dans des structures lourdes et peu pro-actives ? Notamment par le rapprochement avec des entreprises qui ont cette culture.
Beaucoup de dirigeants savent que leur entreprise fait régulièrement travailler les mêmes très grands prestataires. Il est possible d’identifier des entreprises plus réactives et compétitives. Mais, sur le terrain, les collaborateurs n’ont, pour l’instant, aucun intérêt à mettre cette idée en oeuvre, car ils prennent un risque. Or en matière de politique de développement durable, de nombreux patrons cherchent à mettre en avant des pratiques illustrant leur responsabilité économique.
Il s’agirait par exemple de consacrer 5% à 10% de leurs achats non stratégiques à des jeunes entreprises de moins de 5 ans.
En outre, par l’effet du partage des cultures, la démarche aurait un impact sur l’esprit d’entreprise du grand groupe. Faire travailler des petits prestataires, c’est s’ouvrir à l’innovation, mais aussi au changement et à la prise de risque.